Hypnose éricksonienne

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Consultant Ressources Humaines, Hypnothérapeute, Coach

samedi 9 novembre 2013

TRAUMATISMES et TROUBLES PSYCHO-TRAUMATIQUES

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                               LA MISE EN PLACE DES TROUBLES PSYCHO-TRAUMATIQUES

Pour mieux comprendre l'impact des violences nous allons voir ce qui se passe dans le cerveau au moment des violences, et comment les troubles psycho-traumatiques se mettent en place (cf article du docteur  Muriel Salmona, 2012).

Le cerveau met en place un mécanisme de sauvegarde biologique exceptionnel pour échapper au risque vital (cardio-vasculaire et neurologique) que représente le stress extrême généré par les violences. Le cerveau est bien fait pour se confronter au danger quand la situation est analysable, mais le cerveau se retrouve en panne lorsque la situation de danger est incompréhensible et synonyme de non-sens. En situation de danger immédiat, le cerveau répond par une réaction émotionnelle immédiate, non consciente et non contrôlée par le cortex. Cette réaction émotionnelle commandée par une petite structure sous-corticale qui s’appelle l’amygdale cérébrale. Cette amygdale cérébrale fait office de système d’alarme hyperpuissant. Elle va mettre l’organisme en état d’hypervigilance et lui permettre de répondre à la situation de danger en mobilisant toutes les ressources d'énergie disponibles par le biais de la production d’hormones de stress, l'adrénaline et le cortisol. Ces hormones de stress seront responsables de l'augmentation de l'activité cardiaque et respiratoire, et de la mise en circulation de quantité importante d'oxygène et de glucose qui sont les carburants de l'organisme. Dans un deuxième temps le cortex analyse la situation, il va aller rechercher des informations dans sa mémoire, son expérience et ses apprentissages, il va faire des liens pour travailler la situation, la comprendre, trouver une solution et agir. Lorsque qu’une réponse au danger se met en place, le cortex parallèlement module l’alarme amygdalienne en fonction des besoins énergétiques de l'organisme. Le cortex va donc diminuer, voire éteindre l’alarme et sa réponse émotionnelle par son action d'analyse et de prises de décisions.

Dans un troisième temps, lorsque l’on a échappé à la situation de danger, toute l’expérience sensorielle et émotionnelle va être travaillée, encodée par l’hippocampe (sorte de logiciel qui permet de mémoriser tout ce que l’on vit et qui est indispensable pour mémoriser, encoder et déposer dans le disque dur du cerveau). Ce mécanisme est indispensable pour intégrer l'évènement et pouvoir ensuite le mémoriser,  l'analyser, et en parler.

Lorsque le psychisme ne peut pas affronter la situation, car celle-ci est trop horrible, impensable, qu'elle n’a aucun sens pour la victime, le cortex se bloque, on appelle cela la sidération, et c'est cette sidération qui entraîne des troubles psycho-traumatiques. Le psychisme est alors paralysé (les victimes disent qu’elles sont restées bouche bée, en situation de sidération face à l’évènement sans pouvoir le penser, sans pouvoir se défendre, ni fuir, ni bouger, ni crier). La sidération fait que le cortex ne peut modérer l’alarme et donc la réaction émotionnelle qu'elle commande. On pense alors que l’on va mourir non seulement à cause de la violence et de la volonté destructrice de l'agresseur, mais également à cause des conséquences physiques du stress extrême (on pourrait en effet mourir par infarctus du myocarde à cause des taux toxiques d’adrénaline). L’adrénaline est toxique pour le système cardio-vasculaire, et le cortisol toxique pour le système neurologique. On risque un équivalent de coma épileptique, le cortisol peut détériorer jusqu’à 30 % des neurones de certaines zones du cerveau, et de nombreux circuits neurologique et connexions dendritiques.

Comme dans un circuit électrique en survoltage, tout peut peut griller. Le cerveau est bien fait, il met en place un mécanisme de sauvegarde exceptionnel de disjonction, seule solution puisqu’on ne peut pas éteindre l’alarme. Donc le stress monte de façon dangereuse, puis tout s’arrête d'un coup, la réponse émotionnelle s'éteint brutalement, avec une impression de corps mort, de dissociation, d’irréalité, d’étrangeté, très bien décrite par les victimes de violence qui ont l’impression d’observer la scène au lieu de la vivre, d'en être le spectateur, on est dans un état d'anesthésie émotionnelle qu'on appelle la dissociation. Si on est coupé de nos émotions, cela donne l’impression que l'évènement arrive à quelqu’un d’autre, comme si notre corps ne nous appartenait plus, cette sensation de corps - ou de parties du corps - qui devient étranger-s s'appelle la décorporalisation. Cette anesthésie physique et émotionnelle se fait grâce à la production par le cerveau d'équivalents de morphine et de kétamine (drogues utilisées en médecine pour calmer les souffrances les plus extrêmes). Cette disjonction et cette dissociation permettent de survivre mais comportent des inconvénients très importants, tout d’abord parce que cela empêche de se défendre au moment des violences, puisque l’on est réduit à un état d’automate. Mais également parce que la la plupart des victimes de violences auront du mal à réaliser ce qui s'est passé, privée qu'elles sont de leurs émotions. Intellectuellement elles sauront que c'est très grave mais émotionnellement cela ne leur paraîtra pas si grave.